La piraterie maritime au large de la Somalie est un problème mondial

Publié le par Baréma Bocoum

http://static.gulli.com/media/2009/piraterie.jpg

 

La piraterie somalienne représente une question complexe, regroupant de nombreuses singularités qui méritent d’être étudiées. Les enjeux pour la communauté internationale demeurent conséquents, et la principale motivation de cette lutte engagée contre la piraterie maritime est d’ordre économique.

Les atteintes au commerce maritime entraînent des pertes conséquentes pour les Etats, mais il serait possible que le coût des moyens engagés dans tous les domaines l’emporte, à terme, sur les pertes économiques. Pour l’instant, la communauté internationale met en place les moyens nécessaires à cette lutte. Les outils juridiques employés, s’ils ne sont pas encore totalement efficaces, ont au moins le mérite d’être adaptés et actualisés dans la plupart des cas désormais.

Le rôle d’impulsion de l’ONU en la matière est indéniable. Les moyens mis en place pour le moment ont un caractère dérogatoire ou provisoire, il en va ainsi des résolutions de l’ONU ou des accords passés, il serait donc nécessaire de mettre en place un cadre juridique adéquat et stricte.

            La piraterie somalienne repose certes sur des bases singulières car propres au pays, mais sa principale cause demeure la faillite de l’Etat, puisque la population n’a rien, et le pays est en proie à des divisions internes, une corruption endémique et une pauvreté galopante.

Tous s’accordent à dire que la solution du problème réside dans la résorption de cet échec international. La piraterie somalienne n’est qu’une expression, le reflet de la situation interne.

On peut certes réussir à réduire la piraterie somalienne, mais si le chaos demeure à terre, elle réapparaîtra tôt ou tard. C’est une tâche nécessaire et particulièrement lourde que la reconstruction de cet Etat, qui ne pourra s’effectuer que sur une période de temps particulièrement longue.

            Les organisations responsables de la piraterie, quant à elles, profitent de cette situation. Elles s’enrichissent, déploient leur savoir-faire et l’améliore, se dotent de moyens de plus en plus performants et narguent la communauté internationale.

Les forces navales déployées constituent certainement la meilleure réponse sur le moyen terme, l’intervention terrestre contre les places fortes des pirates présentant plus d’inconvénients que d’avantages.

            L’arrestation des pirates ne représenterait pas forcément la solution la mieux adaptée, il faudrait plutôt démanteler ces organisations comme on le fait pour les syndicats du crime, en arrêtant les responsables.

Là encore, on agit pour le moment au niveau de la périphérie, et non au cœur du problème.

Les Somaliens dépourvus de perspectives d’avenir continueront à croire en un futur meilleur grâce aux revenus générés par cette activité. L’initiative d’INTERPOL visant à déstructurer le financement de la piraterie pourrait être une solution appropriée.

Si l’on prive ces organisations de leurs revenus et que l’on démantèle ces structures criminelles en s’attaquant aux investisseurs, il sera peut-être possible de parvenir à gagner cette lutte contre la piraterie somalienne.

            A terre enfin, la situation demeure extrêmement fragile. Les forces présentes sur place maintiennent difficilement le GFT au pouvoir. Les milices islamistes auraient ainsi entrepris de priver le gouvernement de ses principaux soutiens techniques, à savoir le PAM et l’AMISOM. Si ceux-ci échouent dans leurs missions, un nouvel Etat islamiste pourrait voir le jour.

Les préoccupations que l’on retrouve au sein d’une partie des réflexions sur la piraterie, à savoir le lien potentiel entre piraterie et terrorisme, pourraient devenir réalités. Reste à savoir si les islamistes collaboreront avec les organisations pirates, ou au contraire, respecteront les principes qui condamnent à la sentence capitale les auteurs de ces actes.

Tous craignent qu’une collusion entre les deux entités aboutisse à une situation inédite, et potentiellement ingérable.


Richard Mahe: étudiant en Relations internationales


Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article