Le réchauffement climatique: réflexion sur cette question d'actualité

Publié le par Baréma Bocoum

Le réchauffement climatique inquiète de moins en moins les populations, pourtant le séisme à Haiti vient nous rappeler qu'une autre réalité accompagnera ce bouleversement climatique, celle des réfugiés climatiques. Une réflexion d'actualité pour un avenir proche. On ne sait pas encore si le réchauffement est bien scientifiquement prouvé mais une chose est sûr des populations vont souffrir de la multiplication des phénomènes climatiques puissants, la désertification, la salinisation des terres et la montée des eaux. Il existe dorénavant des personnes migrantes pour des raisons environnementales (même si un débat subsiste dans les sphères scientifiques). Le principal problème de ses personnes c'est qu'elles n'ont pas de statut les protégeant, pas de définition précise donc aucune reconnaissance sur la scène internationale. On ne parle d'eux qu'après une éventuelle catastrophe naturelle deux semaines après ces personnes ont disparus de la scène médiatique. En quelque sorte un cercle vicieux les enfonçant dans l'abîme de l'oubli. Du même coup il s'est crée un consensus dans les sphères diplomatiques pour ne pas en parler ; un tabou subsiste sauf pour les pays les plus concernés comme certains Etats insulaires et des pays menacés comme le Bengladesh. Il existe un statut protégeant les réfugiés dits politiques la convention de Genèves de 1951, mais elle n'inclut pas les migrants pour des raisons environnementales.

Certaines personnes envisagent d 'élargir son champs d'application en y incluant un protocole additionnel sur les migrants climatiques. D'autres veulent créer une institution internationale chargé uniquement de cette problématique, mais se pose alors la question de son financement. En tout cas nous pensons plus qu'elle coule entraînant des millions d'individus dans une catastrophe humanitaire encore jamais vu, un rapport de l' O.N.U estime à environ 200 millions le nombre de personnes qui seront déplacés suite au changement climatique d'ici 2025 et c'est la vision la plus optimiste car considérant une hausse du niveau de la mer à deux mètres ce qui pour certains scientifiques est absurde et pour d'autres sous-évalué ( les plus pessimistes calculant un²sse hausse de 6 mètres ce qui aurait pour effet de bouleverser tous les littoraux mondiaux et quand on sait que 75 % de la population mondiale vit auprès de la mer on peut dorénavant s'inquiéter même d'une hausse minime). Les prévisions scientifiques ne peuvent être exact les paramètres de ce réchauffement climatique n'étant même pas vérifiable vu le nombre de facteurs rentrant en jeu ; l'activité solaire ,l'émission de CO2 dû à l'activité humaine ces 150 dernières années, la fonte des glaces et l'impact sur l'albédo, le changement de certains grand courant marin comme le gulf-stream, la désertification dû aux activités humaines , la déforestation, la capacité de certains êtres vivant microscopique notamment marin à la photosynthèse et leur saturation etc...

Il y a encore quelques années on nous a annoncé qu'il s'agissait d'un réchauffement tout a fait naturel et qu'il rentrait dans un cycle réglé de mère nature. Mais il s'agissait d'un lobby financé par des compagnies pétrolières pour nier la thèse du réchauffement climatique , nous savons aujourd'hui que ce phénomène est devenu une réalité et qu'il faudra pour le droit international public se soucier de ses problématiques du XXI siècle. C'est ainsi qu'il nous faut nous pencher sur les enjeux et les solutions à apporter au déferlement bien plus proche qu'on ne le croit de ses réfugiés, mais le majeur problème est que les réfugiés sont régis par la convention de Genève de 1944 qui ne donne le statut seulement aux personnes menacés dans leur Etat d'origine pour des raisons politiques et récemment une dérive a fait admettre l'existence de réfugié économique, cependant on ne peut être abrité en tant que réfugié dans un autre Etat pour des raisons climatiques ainsi l'île de Tuvalu qui sera sans aucun doute la première victime de ce cataclysme humain a passé une convention bilatéral avec la Nouvelle Zélande pour abriter ses habitants lors de la futur disparition de cet Etat cela soulève une problématique de poids qui aura son importance dans le bouleversement du droit international public; en effet que faire lors de la disparition du territoire d'un Etat Nation depuis la convention de Montevideo on sait que les éléments constitutifs d'un Etat sont un territoire une population et un pouvoir publique ayant comme nous le dirions en droit administratif français des prérogatives de puissance publique. En l'occurrence Tuvalu n'aura plus de territoire que faire alors faut il bouleverser la notion de souveraineté auquel les Etats sont si attachés? Peut on encore siéger dans une instance ou organisation international sans posséder une identité territorial peut on considérer que l'on acceptera ces Etats sans terre comme de futurs Etats aquatiques sachant qu'il fut un temps ou il possédait encore des terres?

 La question reste posé et nous tenterons d'y apporter notre réponse dans un premier chapitre que nous nommerons les bouleversements dans le droit international public du réchauffement climatique. En ce qui concerne les Hommes car le sujet du droit même international à vocation étatique reste les fins humaines le droit n'étant que l'outil pour avoir une certaine harmonie entre chaque animal sociale comme l'aurait dit Aristote. Il faut tout d'abord souligner une différence sémantique entre un réfugié qui se doit de quitter son pays et un déplacé climatique qui reste encore dans son pays cela étant dit le rapport onusien ne fait pas cette distinction en effet les déplacés déjà aujourd'hui très nombreux il suffit de se pencher sur le cas du Bengladesh pour voir le nombre astronomique de personnes déplacés suite à l'effondrement de leur maison après les moussons et les pluies diluviennes qui s'abattent sur une terre facilement victime de l'érosion, le Bengladesh disparaît chaque année son territoire s'amoindrit ce qui force les populations rurales à s'urbaniser même s'il faut pour cela vivre dans un bidonville. Les cas de personnes forcées à quitter leur foyer se multiplie dans le monde avec l'augmentation des déserts et la raréfaction de l'eau étant étroitement lié.

Le problème ne se pose pas uniquement pour les pays en voie de développement mais aussi à l'Union Européenne n'oublions pas que le Pays- Bas porte bien son nom et que sans ses digues il n'existera plus beaucoup de moulins et tulipes les images d'épinal ayant longue vie il reste sûr que les populations qui souffriront le plus seront celles où les Etats ne pourront pas faire face en effet beaucoup d'Etats insulaires tentent d'augmenter leur digues et système d'évacuation d'eau pour se protéger de cette montée soudaine et irrémédiable des mers. Evidemment la définition juridique de ce nouveau type de migrants n'existe pas encore mais il est possible suite à l'engouement très récent de la communauté scientifique mondial d'apporter un semblant de définition;en 1985 dans un rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Les réfugiés de l’environnement y sont définis comme : « ceux qui sont forcés de quitter leur lieu de vie temporairement ou de façon permanente à cause d’une rupture environnementale (d’origine naturelle ou humaine) qui a mis en péril leur existence ou sérieusement affecté leurs conditions de vie » définition très large qui s'affinera , en janvier 2008, à son tour l’Organisation Internationale des Migrations (OIM) a publié un rapport sur les migrations et les changements climatiques . L’OIM a ainsi élaboré une « définition de travail » en retenant les termes de « migrants environnementaux » c’est à dire; « les personnes ou groupes de personnes qui, pour des raisons impérieuses liées à un changement environnemental soudain ou progressif influant négativement sur leur vie ou leurs conditions de vie, sont contraintes de quitter leur foyer habituel ou le quittent de leur propre initiative, temporairement ou définitivement, et qui, de ce fait, se déplacent à l’intérieur de leur pays ou en sortent ». Ces deux définitions sont insuffisantes pour la création d'un statut spécifique aux migrants ou réfugiés climatiques cependant elles nous éclairent et nous montre des points communs premièrement un bouleversement ou rupture dans le climat ou l'environnement ayant pour conséquence un changement dans les conditions de vie de ces populations deuxièmement une migration soit interne soit externe les réfugiés climatiques sont de deux sortes ceux qui restent sous la souveraineté d'un même Etat ou soit ceux qui préfèrent quitter leur patrie pour des pays moins exposés ;mais aucune des deux n'en vient au cas extrême (et très probable) de la disparition de la totalité du territoire d'un Etat suite à ce bouleversement climatique.

Rappelons tout de même l'impossibilité en droit de parler de réfugiés climatiques car tombant nécessairement sous la férule de la convention de Genève. Il faut alors créer une nouvelle institution et une convention spécifique mais cela ne semble pas facile face au coupure budgétaire des Nations- Unies, toujours faire plus avec moins. En définitif les réfugiés ou migrants climatiques sont des personnes forcées à quitter leur foyer par des bouleversements climatiques notamment la désertification et la montée des eaux ne tombant pas sous la protection de la convention de Genève ni sous la protection des autres institutions internationales en l'absence de statut fixe et reconnut erga omnes . Du coup la société civile par l'intermédiaire de certains lobbies altermondialistes et/ou écologistes lobbies ont tout fait pour faire émerger cette réalité sur la scène internationale ainsi via ce mouvement ce sujet est devenu d'actualité excitant la curiosité de tous. En ce qui nous concerne depuis 2007 nous nous passionnons pour ce sujet ayant découvert l'absence de statut et le vide juridique en droit international. Mais les changements que vont apporté ces nouveaux « apatrides » dans le droit international sont incalculables; beaucoup d'Etats notamment les pays industrialisés sont très réticents pour recevoir ces réfugiés ainsi l'union européenne a une vision plus « sécuritaire » sur cette problématique de nouveaux migrants comme de nombreux pays riches ce renfermement « sécuritaire » sera le véritable défi pour la création d'un statut unifié qui serait efficient pour les grands enjeux de demain, mais face a cette conception d'une sorte de gouvernance mondiale pour certaines problématiques s'élèvent les boucliers étatiques fustigeant ce piétinement sur leur souveraineté et invoquant le principe séculaire de non-ingérence. Voilà quelques difficultés que devra surmonter le futur statut des migrants climatiques sachant qu'on est loin d'un consensus mondial.

Pour conclure voici notre définition : « Les migrants climatiques sont des personnes qui de leur propre gré ou de facteurs indépendants à leur volonté (pouvoir étatique, catastrophe naturelle) sont forcés à quitter leur lieu de résidence habituel car devenant trop dangereux pour le maintien d'une vie normale. Ainsi ce changement dans leur habitat et style de vie étant irrémédiable il est impossible pour ses victimes d'avoir une vie décente. De fait certains sont obligés de se déplacer au sein même de leur Etat ces derniers déplacés internes n'auront pas une protection internationale mais nationale sous l'égide et la bienveillance des Nations Unies. Pour les migrants quittant leur Etat une protection internationale sera créée avant de faciliter leur réinstallation dans un pays tiers. Afin d'obtenir cette protection nationale ou internationale, il faut prouver que les causes du départ sont directement imputables aux changements climatiques ou d'un bouleversement environnemental. Par changement climatique nous entendons la montée des eaux, la désertification, la déforestation, la dégradation des sols et toutes autres futurs conséquences du réchauffement climatique. Par bouleversement environnemental nous entendons catastrophes naturelles et/ou travaux et projets de développement. En ce qui concerne les changements irrévocables cette protection se voudra ad vita eternam. A contrario cette protection pourra être temporaire si la dangerosité du phénomène climatique ne dure pas et permettra un retour à leur habitat d'origine pour ses migrants environnementaux. Cette protection se fondera sur la solidarité internationale et le secours obligatoire aux êtres humains en danger, reprenant ainsi le principe de responsabilité de protéger, il est clair que pour une meilleure protection une justice climatique devra être créée ainsi un consensus international doit être pris dans les prochaines années. »


Bekrentchi
r Sila Mohamed

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Coffin 07/05/2010 13:09



le réchauffement climatique est un sujet sur lequel bon nombre de personnes s'intérrogent depuis la nuit des temps. Personnellement avec le mode de vie actuel qui tend vers la surconsommation et
la négligence des effets qui peuvent en découler, je ne vois qu'une chose à faire! ensibiler les population de monde entier, rendre accéssible à tous l'information sur le sujet (et surout alléger
les termes trop techniques qui frêne l'enthousisame de ceux qui si intéresse de près), en faire un débat public et non plus que politique. De plus rappeler aux différents agents économiques en
particulier les entreprises, leur rôle sociétal (RSE), leur responsailité envers la société et leur environnement. Et aux citoyens d'adopter un comportement nouveau. Car il ne faut pas oublier
que l'homme reste une espèce de la nature et que tôt ou tard il sera amner à disparaître.


Pour finir, j'ajouterais juste une problématique qui : quel monde souhaiteriez-vous laisser aux futurs générations?


 



Baréma Bocoum 10/05/2010 00:06



Excellente analyse de ta part chère Juliette Coffin, je suis tout a fait d'accord avec ton point de vue. Effectivement cette question plus que capitale s'impose dans ce contexte de mondialisation
galopante qui nous frappe aujourd'hui avec une multitude de defis à relever. Où va le monde et comment va t-on solutionner tous les problèmes actuels? Ainsi dans les prochains articles à paraitre
nous essayerons de répondre à ta pertinente question qui nous concerne tous. Aussi  la problématique du réchauffement climatique nécessite une réflexion singulière afin de ne pas
compromettre l'avenir des générations futures.