Baréma (Kissorou) Bocoum: Un homme d'Etat malien Vie et parcours

Publié le par Baréma Bocoum



Témoignage d'un fils à travers une biographie sommaire sur son père affectuesement appelé "Bara Samba" car Samba chez le groupe des Peulhs signifie 2e garçon.

 

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Baréma (Kissorou) Bocoum:

 

Un homme d'Etat malien

 

Vie et parcours
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Hommage à tous les militants et pionniers de l'Indépendance du Mali, de la cause de l'Unité africaine et de la paix entre les peuples.
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                                                  AVANT-PROPOS

 

Présenter la vie d'un père est une oeuvre difficile et délicate pour un fils.

C'est sur l'insistance et les conseils de Claude Gérard, journaliste française engagée très tôt dans le combat pour l'émancipation des peuples d'Afrique noire du joug des colonialistes, que j'ai décidé de faire l'effort nécessaire pour que cet écrit soit et cela date de 1981.

Claude Gérard, que n'a-t-elle pas écrit dans "Pionniers de l'Indépendance"(1) : "Les pionniers du combat pour l'Indépendance du continent noir et du meilleur devenir de l'homme africain sont moltitude. La foule de ceux qui, dès le début de la colonisation, aspirèrent à plus de justice et de liberté, accomplissait deja, sans même le savoir, les premiers pas vers une prise de conscience politique.

Puis l'on vit apparaître les militants de la cause afrcaine, et leurs leaders. Ensemble, en pleine lumière ou dans l'anonymat, ils connurent échecs et victoires.

Certains pionniers dont l'engagement fut exemplaire resteront à jamais ignorés tandis que les noms d'autres combattants, devenu des symboles, déjà, sont entrés dans l'histoire. Ainsi, toutes les guerres, les révolutions, les épopées ont-elles à la fois des héros légendaires et des soldats inconnus. Mais toujours, il appartient aux témoins de dire ce qu'ils ont vu et de le transmettre aux générations nouvelles, quelles que soient le circonstances... Tout peut être dit dans le language de la sérénité, pourvu que l'on veuille contribuer à unir et non point à séparer".

En nous dédicaçant son livre, elle écrivait : "A Monsieur Mohamadoun Baréma Bocoum avec toute ma sympathie et avec l'éspoir que les étudiants africains retrouveront leur histoire. Paris, le 11 Octobre 1981".

La carrière d'avant-indépéndance de mon père aurait dû m'offrir l'opportunité de rencontrer plusieurs de ses camarades qui sont en vie, mais !

Oui, mais ! L'une de ses premières personnalitées que j'ai pu rencontrer et à qui j'ai fait part de mon projet de retracer la carrière administrative et plitique de mon père est restée perplexe. Après un temps de silence, elle m'a déclaré ceci :

"Mon fils, la politique est ingrate, difficile. Il y a des choses qui se sont passées dans le parti, et en les écrivant, ça risque d'avoir d'autres ramifications, d'autres réactions, donc nous ne pourront que t'en parler pour ton information, mais pas pour les diffuser par écrit".

D'autres personnes approchées m'ont dit beaucoup sur son enfance, ses activitées politiques même administratives à l'époque coloniale, mais faute de pruves ècrites, je me suis abstenu de les évoquer. Ce livre se veut de mettre à la disposition de la posterité quelques éléments sur les parcours professionel et politique d'un militant dont l'objectif fut de mener une lutte sans merci contre les colonisateurs. Aussi, se veut-il être un dialogue ouvert, réfléchi entre le lecteur et l'auteur. L'auteur qui se propose de rendre un hommage à son père et à ses compagnons connus et anonymes de l'un des plus prestigieux partis de l'époque: le Rassemblement démocratique africain (RDA), notamment sa section qu'est l'Union-soudanaise.

 

Baréma Bocoum, à Dakar, en 1963
Vice président du conseil des ministres de l'O.U.A.( L'organisation de l'Unité africaine)

Je ne saurais taire les quelques qualités rares de coeur et d'esprit que j'ai pu déceler en lui : le respect de l'autre, quel que soit son âge, ne jamais élever le ton quand on s'adresse à ses semblables, la discrétion, voire le secret de tout ce qu'il sait, appris et qui mérite d'être tu.

Au cours des nombreux meetings auxquels il m'a été donné d'assister, notamment dans les années "chaudes" - 1967-1968 - de la Révolution active, jamais je n'ai vu mon père, perdre son sang-froid.

Jamais je ne l'ai vu se plaindre de ses adversaires du "jour", car pour lui, un adversaire politique, un ennemi personnel est avant tout un être humain qui possède en lui, quelque part, certaines vertus.

Il était, surtout, informé, de l'identité des spécialistes des "Agit-Pop" (agitateurs populaires), qui tentaient par des rencontres nocturnes, de le déstabiliser. Ainsi, l'amener à démissioner de son poste de Maire de Mopti, et du Secrétaire Général de la section du parti.
Cette époque exaltante et passionnante, considérée comme un des moments forts de l'histoire politique de la jeune République du Mali m'a amené à tirer les enseignements ci-après :

1°) La politique n'est pas un jeu, alors si elle en était un, elle serait un jeu mortel.
Quest-ce à dire ? Il y a des peuples chez qui, la dominante est la crainte de la mort, et chez d'autres dont le peuple malien, c'est plutôt la honte, la perte de l'honneur et de la dignité, d'où sa devise : plutôt la mort que la honte;

2°) La politique à ses règles, très souvent, non-écrites, d'où l'existance des réseaux des clandestins, de ces spécialistes de déstabilisation, peut-être pour bâtir, construire. Je concède cela pour eux;

3°) La politique a besoin des animateurs, des acteurs qui ont des idéaux, en tous les cas, qui doivent être mus par des convictions fortes, sinon la déception, l'illusion, disons-le, parfois, mortelles les attendent au bout;

4°) Enfin, comment s'activer dans la politique qui, somme toute, est une activité noble à travers ses objectifs et ses principes sans tomber dans les injures, insultes, complots, calomnies qui sont une traduction de la décrépitude morale, un réflet du manque de respect de soi-même et des autres.

Après ces enseignements, que peut-on, encore, retenir de lui ?
Baréma, mon père, ne mangeait jamais seul : entouré de ses enfants et, parfois, d'amis de passage ou parents, il savourait le repas avec eux.

J'ai souvenance d'un homme de foi, qui n'oubliait, en aucun moment de remplir ses devoirs religieux (demandait et obtenait une pause au cours des réunions que lui-même présidait pour prier), un homme de fidélité. Là-aussi, j'ai souvenance qu'à chaque fois qu'il séjournait à Mopti, le dimanche est consacré à la prière sur les lieux saints à Hamdallahi (Capitale de l'Empire Peulh du Macina située à plus de 25 kilomètres de Mopti), où se reposent le grands saints comme Cheikou Amadou, le fondateur de l'Empire Théocratique du Macina.

Il lui arrivait aussi de se rendre chez des parents et alliés à Bandiagara (la famille Koreïchi Tall, Bougabali Tall et Pathé Sy), à Sofara et à Djenné.

Enfin, un homme de tolérence car pour lui la vie d'ici-bas ne mérite pas que l'on cultive la haine dans le coeurs des êtres humains. Et, qu'il fallait toujours prendre la vie du bon côté.

je voudrais, aussi, ajouter avant de terminer que pratiquement élévé par mes grands-parents, dès l'âge de cinq ans, mon père, haut fonctionnaire du Trésor de son état, était un parlamentaire français, élu sur la liste du Parti "US-RDA", député du Sudan français (1956), à l'âge de 42 ans.

J'ai grandi sous l'ombre des mes grands-parents, alors que mon père n'avait pas une minute à lui, alors qu'il devait bâtir sa carrière politique, déjouer les pièges de ses adversaires politiques, assister à d'interminables congrès, inaugurer dans sa région à Mopti et, quelquefois, Ministre au nom du Gouvernement de la République quantités des bâtiments au assister à une kyrielle de cérémonies toutes plus intéressantes les une que les autres.

C'est en songeant à ces rencontres ratées avec bon nombre de ses enfants (les tout derniers), pour cause du calendriers trop chargé qu'il avait, j'en sui sûr, trouvé l'inspiration pour dire une après-midi sur sa terrasse dans son immeuble à Quinzambougou cette belle phrase empreinte de nostalgie : "il faut laisser du temps au temps". Voilà grosso modo, ce que je retiens de cet homme qui, au-delà des liens familiaux, mérite respect et très haute considération.

Cependant, j'ai ouî dire que ce sont les grands hommes qui font l'histoire, mais ces grands hommes sont d'abord, et avant tout, le fruit d'un contexte familial, professionnel, régional, national. J'y crois.

Partant, alors, de cela, j'aurais pu tenter de pousser mes recherches su feu mon père en allant jusqu'à savoir les raisons qui ont poussé mes ancêtres à émigrer de Ténenkou (Macina) pour s'installer à Mopti ? A quand remonte cette émigration ? Les parents de mon père ont-ils vécu longtemps ? A quand remonte leur décès ? Quels seraient les portraits succints des frères (cinq) et sours (une ) de mon père ? A quand remonte, ah, ce foyer fondé par om père ? D'où vient son épouse (sa cousine germaine qui repose au cimetière de Mina à la Mecque ? Combien d'enfants sont-ils issus de ce foyer ? Leurs portraits succints ? Existe-t-il un esprit de famille chez les Bocoum ? Si oui, comment se manifeste-t-il ? Comment mon père est-il entré en politique ? Ses ambitions ? Son combat ? Comment a-t-il acquis une assise politique ? Ses bastions électoraux ? Ses alliés ? Ses adversaires ? Le déroulement des scrutins décisifs le concernant ? Ses acquis essentiels au plan régional ? Ses faiblesses ? Quelles sont les raisons qui ont donné à mon père un destin politique d'envergure ? Quelles sont les initiatives personnelles pour la mise en oeuvre d'initiatives marquantes qui ont permis à mon père de laisser une trace durable dans l'histoire politique, diplomatique du Mali, aux plans national, africain et international ?

J'ai entendu dire, aussi, que l'histoire peut parfois contrarier le parcours des grands hommes. Ainsi, il conviendrait, à ce niveau, de procéder à une analyse sur :

1) Les raisons qui expliquent le départ de mon père du gouvernement ;

2) les acquis de son passage aux affaires et les limites ;

3) les soubresauts de la "révolution active" (1967) et du sort réservé à mon père ;

4) les reproches qui ont permis à ses adversaires ou les moyens "tortueux et honteux" employès par ceux-ci pour obtenir la mise à l'écart de mon père ;

5) les événements du 19 novembre 1968 (jour du coup d'Etat perpétré au Mali) et de la position de l'intéressé avant, pendant et après ces événements ;

6) les occupations de feu mon père Baréma Kissorou Bocoum au crépuscule de sa vie et son décès...

Ah, du travail sur la planche. Or, je le dis ici, tous les écrits, voire la production de mon livre sur feu "Mâitre Alioune Blondin Béye..." et sur "Le Mali des Présidents Modibo Keita, etc. le furent parce que, très souvent, les week-ends ou les jours fériés je m'adonnais à un exercice propre aux écrivains. Or je n'en suis pas un. Dans tous les cas, je ne me considère pas comme faisant partie de ce bel et beau milieu.

Baréma Bocoum, en 1962, à la tribune de l'O.N.U., tenant son discours au nom de la République du Mali, Ministre délégué à la présidence chargé des Affaires Etrangères (1960-1961),Ministre des Affaires Etrangères de la République du Mali (1961-1964), Ministre de l'intérieur de la République du Mali( 1964-1966), Premier Député et Maire de la ville de Mopti( 1956-1968), il fut également député et sénateur français de 1956 à 1959.Il est décédé le 3 Mars 1979 à son domicile à Bamako( Quinzambougou).

Etant un diplomate en fonctions, il ne m'était pas facile de faire des recherches comme il se devait et se doit pour accrocher les lecteurs dont certians ont été des brillants acteurs de la vie politique, économique et socio-culturelle que je décris.
Ici je me dois de souligner que l'ouvrage que je consacre sur mon père comme certians écrits que j'ai pu faire paraître dans les journaux de la place sont le fruit des recherches que j'ai effectuées à la bibliothèque nationale de Koulouba.

Cela pour répondre à des personnes de "bonne foi" qui répandent la nouvelle un peu partout que le Dr Mohamadoun Baréma Bocoum utilise les archives personnelles de son père pour nous "distraire" avec ses écrits.

C'est dire que toutes les interrogations soulevées par l'auteur sur son père ne sauraient trouver leur réponse, leur satisfaction à travers cet ouvrage qu'il a conçu à sa manière et qui est succint. il en convient.

Avant de terminer, il me plâit de redire ma joie de voir conférer à mon père par l'Histoire toute la satisfaction morale et intellectuelle d'être le ministre de Affaires étrangères d'un si grand pays et d'un beau et adorable peuple, qu'es le peuple malien, au moment où naissaient l'OUA et le Mouvement des non-alignés, entre autres, et d'y avoir contribué activemente et positivement.

A cette satisfaction, il me plaît d'en rajouter celle d'avoir été le premier Député-Maire, secrétaire général de la section de Mopti, des nombreuses anées, en y laissant le souvenir d'une personnalité proche de ses mandants, et ayant contribué au rayonnement de cette ville dénommé "Venise malienne" sur le plan politique, économique, socio-culturel, africain et international.

En nota bene, on se souviendra que les digues construites à Mopti, pour des raisons économiques (boutiques, magasins de poissonneries), bureau des opérateurs économiques, l'ont été grâce aux relations personnelles que le Député-Maire de Mopti, le ministre Baréma Bocoum a su entretenir avec les Hauts responsables de la Communauté Economique Européenne (CEE), à Bruxelles. Bien entendu, et comme toujours, avec l'appui discret et bienveillant du Président Modibo Keîta, son ami et frère en cette période de construction nationale.

  L'Auteur Dr Mohamadoun Baréma Bocoum: mon regretté père( Paix à son âme)

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(1) Collection Histoire et Devenir - Edition Inter-Continents, promotion décennie 2 - 1975, France.

 


Publié dans LIVRES DE REFERENCE

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Aicha 16/09/2010 00:54



Nice job.... i like it



Le Parrain 15/09/2010 19:28



J'aime, j'aime , j'aime, j'aime. Courage my friend, Bravo pour tout ce que tu fais, on devrait plus te supporter pour ce genre de travail. D'ailleurs j'ai invité tous mes contacts de facebook
intéréssés par les Relations internationales. Rinews: revue sur laquelle faudra compter. j'aimeeeee



Baréma 14/09/2010 02:40



Thanx brother. Yes we can change the world. Yes its my homonym, my hero. i try to follow his step. Big up to my dear daddy until the end of time pour tout ses écrits. Peace



Baréma 14/09/2010 02:38



Thanx brother. Yes we can change the world. Yes its my homonym, my hero. i try to follow his step. Big up to my dear daddy until the end of time pour tout ses écrits. Peace



Fousseyni 13/09/2010 16:21



Baréma c'est ton grand père????? Si c'est le cas je comprends pourquoi tu t'intéresses tant aux relations internationales. Courage mon ami, i seee u coming with big things