Retour sur la crise de la flottille de Gaza : Le monde arabo-musulman s’est-il choisi un champion ?

Publié le par Baréma Bocoum

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Retour sur la crise de la flottille de Gaza : Le monde arabo-musulman s’est-il choisi un champion ?


Dans une région comme le Moyen-Orient qui connaît depuis quelque temps une accélération des mouvements conflictuels, il est déterminant d’analyser chaque nouvelle dynamique pour mieux comprendre l’évolution des rapports de force.


Preuve en est, que l’Iran, principal bailleur de fonds du Hamas et du Hezbollah dans la région et allié le plus virulent de la cause palestinienne, s’est vu aujourd’hui coiffé au poteau par un autre acteur, quant à lui plus invraisemblable : la Turquie, ce pays musulman laïc, signataire d’un accord de coopération militaire bilatérale l’unissant depuis 1996 à l’état Hébreu.


Au lendemain de l’arraisonnement par Israël de la flottille internationale d’aide à Gaza qui s’est soldé par la mort de plusieurs ressortissants turcs, le monde arabo-musulman a brandi, ici et là en reconnaissance au « martyr » (1) turc, des portraits du Premier ministre de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, aux côtes de ceux d’anciens champions de la cause palestinienne à l’instar de Yasser Arafat. Bien que l’Iran connaisse lui aussi un embargo international, et en dépit du fait qu’il soit le premier financeur de la « résistance musulmane », nul drapeau iranien n’a été vu dans les rues des différentes capitales arabes, marquant indubitablement que les liens d’amitiés cultivés par Erdogan depuis son ascension au pouvoir en 2003 avec les pays arabes et notamment la Syrie, ont porté leurs fruits.


Mais si la Turquie apparaît comme un champion régional, elle ne le doit pas seulement au « sang turc versé » (1) durant cette crise, mais aussi et surtout à ses prises de position depuis décembre 2008, au lendemain de l’opération « Plomb durci » déclenchée par Israël contre le Hamas, avec l’exclusion en octobre 2009 de l’aviation israélienne lors des exercices internationaux qu’Ankara avait organisés; puis en mai dernier, lorsque Benyamin Netannyahou fustige contre l’accord sur le nucléaire iranien signé par la Turquie et le Brésil avec le président Ahmadinejad, qui menace toujours de vouloir éradiquer Israël de la surface de la Terre.

(1) conférence de presse tenue conjointement à Istanbul le 8 juin 2010 par le président Syrien Al-Assad et le Premier ministre turc Erdogan.

Saifoudine Samad Sylvain, 
étudiant .
Pour RI NEWS: La Revue de L'Espoir 

Publié dans MOYEN ORIENT

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