DEUX INTERVIEWS DE DEUX FEMMES REMARQUABLES: Parcours d'une militaire de formation et d'une phytopathologiste

Publié le par Baréma Bocoum

 

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 A GAUCHE MADAME KANI DIABATE COULIBALY: PREMIERE MALIENNE PROMUE GENERAL DE BRIGADE 

A DROITE MADAME FATOUMATA SACKO BOCOUM: PHYTOPATHOLOGISTE

 

PREMIERE INTERVIEW AVEC MADAME KANI DIABATE COULIBALY,PREMIERE MALIENNE PROMUE GENRAL DE BRIGADE

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PHOTO OFFICIELLE DE MADAME KANI DIABATE COULIBALY 

 La nomination de Madame Kani Diabaté Coulibaly est intervenue à l'occasion de la célébration du cinquantième anniversaire de l'accession de la République du Mali à l'indépendance. Honorée par cette promotion, elle la dédie à toutes les femmes du Mali, particulièrement à sa mère qui l'a encouragée à l’époque à choisir le métier des armes, ainsi qu'au personnel féminin de l'Armée.

Baréma Bocoum : En tant que première malienne a être promue au grade de général de Brigade, quelles sont vos impressions?

KDC : Cette promotion m’inspire un sentiment de joie, de fierté. C’est une reconnaissance du travail bien accompli depuis 36 ans que je suis dans les forces armées. Je suis sensible à la reconnaissance de mes capacités à assumer les charges d’un tel grade de la part de mes supérieurs, en particulier du Chef Suprême des Forces Armées, le Président de la République Amadou Toumani Touré. Je voudrais profiter de cette occasion pour remercier tous ceux qui m’ont encadrée depuis mes débuts scolaires jusqu’à cette consécration.

Baréma Bocoum : Pouvez-vous expliquer à nos chers lecteurs de la Revue de l'espoir, le rôle essentiel d'un général de Brigade au sein de l'armée malienne?

KDC: Le rôle d’un Général de Brigade au sein de l’armée est de commander une brigade par définition dans le sens tactique .Dans les autres services ce grade a aussi son niveau de commandement. L’accès au grade relève du pays et de ses règlements. Au Mali, en principe, la nomination au grade de Général intervient après le cycle d’enseignement militaire supérieur ou scientifique et technique. A cet égard on peut rappeler l’Article 77 du statut général des militaires (Loi No 2 -055 du 16 Décembre 2002 modifiée).

Baréma Bocoum: Depuis 1974, votre date d'entrée dans l'armée, à nos jours comment percevez-vous l'évolution du statut des femmes au sein de l'armée malienne?

KDC : Le statut de la femme, en effet a beaucoup évolué au cours des trente six années passées. Cela a commencé avec ma génération. Depuis, beaucoup a été fait en faveur de la femme au sein de l’armée. A titre d’illustration, j’évoquerai, entre autres, l’admission de la femme à la gendarmerie. Pour entrer dans l’armée, il était exigé des jeunes filles l’obtention du baccalauréat. Les premières recrues n’étaient destinées qu’aux services de santé. Désormais la femme peut aspirer à tous les autres corps de l’armée : outre la santé, les transmissions, l’armée de l’air, l’armée de terre, la gendarmerie, la garde nationale. Pour mémoire, je citerai également la présence des femmes dans la police nationale bien même avant l’armée. Au sein de ces différents corps il arrive qu’elles accèdent à des postes de commandement. De plus en plus il est fait appel aux femmes de participer aux opérations de maintien de la paix ;

Baréma Bocoum: Sachant que la République du Mali, en particulier au Nord, connaît une situation de crise, quelles sont les solutions plausibles que vous préconisez pour sortir l'armée malienne de cette impasse qui ternit l'image de notre pays sur la scène internationale?

KDC : Je pense que le Programme Spécial pour la Paix, la Sécurité et le Développement dans le Nord Mali (PSPSDN) conçu et mis en place depuis le mois de Juillet dernier par le gouvernement du mali me parait être une initiative digne d’intérêt car il prend en compte tous les aspects socio-économiques de cette région qui, déjà dans le passé, a fait l’objet d’une attention particulière de la part des autorités nationales. Ce Programme met particulièrement l’accent sur : la coopération avec d’autres pays et des Institutions Internationales, la lutte contre la prolifération des armes légères et de petits calibres. Il serait souhaitable de mettre un accent particulier sur la nécessité de la prise en compte du Genredans tout le processus de ce programme, avec beaucoup de sensibilisation des populations afin qu’elles s’approprient le programme.

Baréma Bocoum: Quel est votre message d’espoir à nos lecteurs qui vous liront dans les jours à venir?

KDC : Je vous remercie pour l’occasion de partager avec vos lecteurs des points de vue personnels et d’aborder des sujets qui, je l’espère, rencontrent leurs centres d’intérêt. Je voudrais que les générations futures comprennent qu’avec le travail bien fait, rien n’est impossible et qu’elles n’ont aucun complexe à avoir pour jouer leur rôle dans le développement et la sécurisation de notre société. La modernisation de l’Afrique en général et du Mali en particulier se fera avec tous les fils du pays dont les femmes pour le cas du Mali constituent environ 51%.

Je salue votre courage. Gérer un organe de presse en Afrique n’est pas chose aisée. Je vous souhaite beaucoup d’énergies positives pour mener à bien votre entreprise. L'Afrique ne peut pas s’émanciper sans une presse digne de ce nom. Que Dieu veille sur vous. Bonne chance à votre journal

 

DEUXIEME INTERVIEW AVEC MADAME FATOUMATA SACKO BOCOUM: PHYTOPATHOLOGISTE

 

 

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Madame Fatoumata Sacko Bocoum, lors d'une conférence internationale en Afrique du Sud.

 

Baréma Bocoum : Avant de rentrer dans le vif du sujet, pouvez-vous présenter votre parcours à nos chers lecteurs de la revue de l’espoir?

FSB : Je suis Madame Bocoum née Fatoumata Sacko, en terme d’études je suis titulaire entre autres d’un DEA en phytopathologie de l’Université d’Orsay en 1987; Tronc Commun de la Maîtrise de Biologie des Organismes et des Populations de l’Université de Rennes Beaulieu en 1986; D'un Diplôme d’Ingénieur d’Agriculture en protection des végétaux du Centre National d'Études Agronomiques des régions Chaudes à Montpellier en 1985;  D'un Diplôme de l'École Nationale Supérieure Universitaire de Technologie de Dakar option Génie chimique (PV) en 1983. Ainsi mon parcours professionnel se résume par des activités de recherche, de développement et enfin de Consultation. Pour ne citer que certaines activités menées particulièrement au Mali: j’ai travaillé en qualité de Senior Research Assistant dans le vaste Programme d’Amélioration du Sorgho en Afrique de l’Ouest de l’ICRISAT Mali où j’étais chargée de la gestion technique du sous programme pathologie du sorgo pendant quelques années avant de rejoindre mon époux à Belgrade; j’ai aussi travaillé au CICR( Comité international de la Croix rouge) Mali en qualité d’Administratrice chargée de la gestion administrative et financière de différents programmes et en particulier Coordinatrice du programme Agro-pêche dans les régions du Nord Mali après la rébellion Touareg. Par ailleurs j’ai mené plusieurs activités de consultation et je suis également l'auteur de plusieurs publications.

Baréma Bocoum : Vu votre remarquable parcours et en tant que consultante internationale, quels sont pour vous les défis majeurs de ce XXIème siècle?

FSB Vous savez, actuellement nous vivons dans le contexte de la mondialisation voire un monde en pleine mutation confronté à de nombreux défis tels que la pauvreté, la satisfaction des besoins alimentaires des populations en croissance, la gestion rationnelle des ressources naturelles entre autres. Pour ce qui concerne la sécurité alimentaire, bien que des efforts substantiels aient été déployés dans ce domaine, celle-ci reste encore un défi majeur de la planète au XXIème siècle compte tenu de sa problématique complexe et multidimensionnelle particulièrement en Afrique subsaharienne la prévalence de la sous-alimentation est forte dans certains pays.

Baréma Bocoum : Comment vous entrevoyez l’avenir de l’Afrique en particulier du Mali dans le domaine agricole?

FSB : Il faut reconnaître que le développement de l’Afrique a été sérieusement entravé par la faible performance du secteur agricole qui souffre encore par endroit d’un manque de compétitivité et d’une baisse de production agricole par habitant pour plusieurs raisons. Et pourtant, l’agriculture occupe une place de choix dans la production, c’est le nerf de l’économie et le «socle» du développement pour l’Afrique en général et en particulier pour le Mali.De ce point de vue, je pense qu’il n’y a pas de solution miracle,l’avenir de l’Afrique dans le domaine agricole repose impérativement sur la volonté politique, la créativité, la valorisation des potentialités agricoles, le renforcement de la solidarité régionale et internationale pour que cette région du monde soit libérée de la faim.

Baréma Bocoum : que pensez-vous de l’équité genre?

FSB : Les disparités de genre constituent une entrave au développement socio-économique des pays. C’est pourquoi, de nombreuses conventions et déclarations internationales ont été adoptées par l’Assemblée Générale des Nations Unies dans le sens de la promotion et de l’égalité des droits des hommes et des femmes. C’est ainsi que dans les années 90 un large consensus international s’est dégagé sur des questions de parité hommes-femmes pour promouvoir le développement durable. Personnellement, je pense qu’il faut tenir compte du genre dans un souci d’équité et d’efficacité en impliquant en toute objectivité les femmes qui constituent une force non négligeable. De plus en plus, il faut reconnaître que les femmes sortent de l’ombre et se distinguent remarquablement dans bien des domaines par leur civisme entre autres.

Baréma Bocoum : Enfin Quel est votre message pour les lecteurs et lectrices de Rinews?

FSB : J’apprécie Rinews: La Revue de l'espoir et je ne peux que lui souhaiter bonne chance dans ce monde où les relations internationales occupent une place très importante. Par ailleurs je formule le vœu que les jeunes aient plus de créativité,et d'imagination afin de mieux s'intégrer dans cette Afrique des entrepreneurs, des professions libérales, des chercheurs, des mouvements associatifs, etc...

Aussi, j'invite les lecteurs et lectrices de Rinews à contribuer à son amélioration par des échanges d'idées et en apportant des commentaires pertinents .

Enfin je remercie chaleureusement Baréma, pour m'avoir accordée cette interview. Bon vent à Rinews: La revue de l'espoir

 

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Touré 09/11/2010 21:19



Godd job



mohamed 09/11/2010 13:26



sa fai plaisir de voir que certain de notre pays on deja pri l'initiative de faire avance le mali ! jsui vraimen content merci pour ce que tu fait et bonne chance pour la suite 



Baréma Bocoum 10/11/2010 21:07



Merci Beaucoup cher Mohamed, que la paix soit avec toi.Rinews: la revue de l'espoir te remercie.Thanx



Jean Pierre 06/11/2010 00:14



Que du Bon Boulot. Continuez ainsi Mr Bocoum, Rinews est déjà synonyme de la revue du futur. 



BAREMA BOCOUM 05/11/2010 23:11



Thanx mes indéfectibles alliés de Rinews qui m'ont toujours soutenu, j'oublie pas. May God bless u


 



Inna Cissé 05/11/2010 22:21



Nice comme Interview Baréma.Les femmes du monde en particulier maliennes sont à l'honneur sur ce site. Bon Vent à Rinews!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!