Enjeux Géopolitiques d'une Coupe du Monde en Afrique

Publié le par Baréma Bocoum

 

Voilà enfin un événement mondial qui se passe en

Afrique, la terre nourricière de l'humanité reçoit

 

enfin sa reconnaissance méritée même si l'Afrique du Sud est le moins africain des pays,

las afrikaans étant bien le reflet de la colonisation du siècle dernier.

Le sport en général et plus particulièrement le  foot sont en quelques sortes le reflet de la

puissance d'un Etat, il suffit de voir la démonstration chinoise pendant les jeux olympiques de 2008. Ou encore la bataille entre Paris et Londres pour les prochains jeux de 2012. quand on sait que monsieur Sarkozy veut tenter sa réélection sur la réussite de l'accueil de la Coupe d'Europe des Nations de 2012, c'est dire à quel point le foot est devenu politique.

Pour l'Afrique du Sud une vitrine publicitaire. Il est clair que la coupe du monde pour l'Afrique du sud se révèle être un enjeux stratégique important pour le futur du pays. Tout d'abord les bénéfices économiques seront bien moindres en effet ce ne sont pas les touristes qui vont booster l'économie du pays environ 200000. Mais l'image que l'on aura de l'Afrique sera chambouler voilà le but premier du gouvernement faire du pays une terre attractive pour les investissements étrangers, quand on sait qu'il a dépensé près de deux milliards d'euros dans les travaux d'infrastructures (mise à niveau des routes) et les 10 stades. On se doute bien que les retombées sont attendues...

Nous disions une vitrine publicitaire mais c'est le cas de tous les grands événements sportifs et

culturels. Rajoutons tout de même que l'événement a été depuis longtemps prévu en effet le souci premier du gouvernement reste la sécurité, le pays est en proie à une grande violence dû à une inégalité sociale entre les

différents groupes sociaux culturels. Les tensions entre les personnes de différentes couleurs ne

sont pas retombées , dans le pays de l'apartheid la puissance économique appartient encore

aujourd'hui à une minorité. Le but du foot apaiser les tensions dans une symbiose et dans une

cohésion nationale.

Retrouver une sécurité tolérable.

Pour le problème de la sécurité le gouvernement a demandé en toute discrétion

l'assistance de la France et de ses compagnies républicaines de sécurité (CRS) dans la

formation de la police en cas d'émeutes. Quand on sait l'exacerbation des passions dans ses

événements internationaux, il est logique de vouloir calmer les antagonismes nationaux (voir

l'exemple Algérie/Egypte ou encore

Irlande/France).

Quand on connaît les différents heurts qui se sont produits dans le pays ces quelques mois on se demander raisonnablement si cette symbiose nationale fonctionnera-t-elle réellement et fera-telle oublier les antagonismes sociaux ?

Tout dépend du résultat de l'équipe nationale, en effet une victoire dans un tel événement permet à un pays de regagner de la confiance et de l'assurance, permettant ainsi une relance économique plus favorable. Donc les retombées sont bien plus qu'attendues elles sont indispensables. Il faut imaginer la pression qui pèse sur les joueurs pour ce qui était censé n'être qu'un jeu. Le succès d'un continent, l'attribution de la coupe

du monde.

Espérons de meilleurs jeux pour la nation arc en ciel. Mais en soit rien que l'accueil de la coupe du monde est un succès diplomatique.

Même si le système se rapproche plus d'un système mafieux dans la mise en place du processus décisionnel de la commission d'attribution, FIFA oblige.

C'est le continent en entier qui se retrouve projeté à travers son représentant le plus

moderne.

En effet certains autres pays ayant pu obtenir l'organisation sans pour autant porter un

grand intérêt pour le monde footbalistique, l'exemple le plus frappant est la coupe du monde

aux USA en 1994.

L'Afrique d'un point de vue géopolitique est la prochaine grande terre de reconquête notamment

pour les ressources en matières premières. L'intérêt des grandes puissances pour ce continent est manifeste entre l'Europe, les USA et la Chine de nombreux Etats redeviennent les collaborateurs étroits de ce continent en plein essor qui ne peut se porter que mieux. Ce n'est pas pour rien que la coupe du monde et donc les

 

regards du monde entier se tourne vers l'hémisphère Sud.

 

Un continent très riche.

La vente directe des ressources en Afrique en tout genre devrait apporter la modique somme de

deux milles six cent milliards de dollars de revenu annuel d'ici 2020, soit plus mille milliards

de dollars par rapport à aujourd'hui. On saisit mieux les intérêts économiques pour les grandes

puissances mondiales.

Le principal souci pour les pays africains étaient l'absence d'une sécurité suffisante pour justifier de gros investissements internationaux, la paix est essentiel pour un bon développement économique, il est clair qu'une guerre civile ou rébellion ne va pas attirer les fonds étrangers.

Comme le pense de nombreux économistes l'afrique ne s'est jamais aussi bien porté et le monde des affaires ne peut l'ignorer plus

longtemps.

Nous disions une vitrine mais seulement à long et moyen terme car en réalité d'un point de vue juste mathématique la coupe du monde n'était pas rentable pour l'Afrique du Sud, les investissements d'infrastructures et la mise en place de l'accueil des touristes coûtent cher, d'autant plus que la situation économique est loin d'être brillante. La crise n'épargne pas non plus l'Afrique du Sud après des années à 5% de croissance annuelle. Cette coupe du monde est une bouffée d'air frais pour le pays dans un pays où les tensions sociales sont fortes et l'écart  pauvre/riche est de plus en plus aberrant.

L'Afrique du Sud face à ses démons.

Que faire pour empêcher ce continent devenir un laboratoire d'expérimentation du néolibéralisme que l'on garde cet esprit de solidarité qu'il manque de plus en plus dans nos sociétés occidentales découlant de

l'individualisme inhérent à notre époque. Le néolibéralisme commence sa conquête faut il comme le penser encore le G20 qu'il faut moraliser, éviter les abus... Le discours a bien évolué laissons faire tel est le

principe de base moins l'Etat intervient mieux l'économie se porte, du moins cette pensée de l'université de Chicago a la dent dure notamment au sein des institutions financières. La réalité est bien plus complexe mais il n'est plus possible de laisser aller. La nation arc en ciel connaît de gros problèmes de criminalité, de tensions sociales entre noirs et blancs, riches et pauvres. Mais attention de ne pas généraliser l'un n'allant pas avec l'autre, il suffit de se promener dans le plus grand centre commercial de l'hémisphère sud près du Cap pour s'en rendre compte. Tandis que les fonctionnaires sont en grève car sous payé, la tension est palpable dans cette atmosphère post coupe du monde. Souvenons nous du proverbe romain qui disait

du jeux et du pain, l'application qui est faite des gouvernements est la même qu'il y a 2000 ans.

En ce sens le sport et tout événement sportif tendant à nous éclipser les véritables problèmes sont néfastes, pour les défis de demain il faudrait sans doute moins se focaliser sur un ballon rond et des cages de foot, pour revenir au peuple pour le peuple par le peuple.

Une touche d'espoir.

L'image du pays à travers le monde a retenti tel un concerto de vuvuzela. Il faudra voir la fréquentation touristique dans les prochaines années car cette manifestation s'est passée sans heurts majeurs. En cela pour l'organisation c'est un franc succès. Les investissements internationaux ne tarderont pas à venir renflouer les caisses quand la confiance sera revenu dans le marché mondial, en effet la crise n'est pas encore derrière nous mais on en aperçoit le bout du tunnel.

Bekrentchir Sila Mohamed

 

 

Publié dans AFRIQUE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article