A l'Abordage du Commerce Maritime International; Branle-Bas De Combat Mondial.

Publié le par Barack Baréma Bocoum

Déjà depuis des années la piraterie n’a eut de cesse d’inquiéter les armateurs et marins en tout genre avec les vagues scélérates la piraterie sont les fléaux du commerce maritime; détournant des équipages immobilisant des navires et faisant payer à ces «pauvres» armateurs des rançons, augmentant du même coup les assurances…

 

Le golf d’Aden au large de la corne de l’Afrique est l’un des points stratégiques pour le commerce maritime international; seule route pour le canal de Suez et la Byzance commerciale Europe lieu d’échange de toutes les marchandises du monde. Et c’est bien compréhensible quand on s’attaque à ses biens que la « vieille » Europe agisse au quart de tour comme quoi le dicton « si jeunesse savait et vieillesse pouvait »  est à revoir. Les intérêts du commerce maritime sont mises a mal par la piraterie somalienne pour contrer cette menace l’ONU a autorisé dans plusieurs résolutions en 2008 la poursuite des pirates dans leurs eaux territoriales vu l’incapacité et l’impossibilité des autorités somaliennes inexistantes d’établie l’ordre, étendant dans une résolution de décembre 2008 la poursuite à terre des pirates. Ce bouleversement dans la lutte contre la piraterie est lié à la prise d’un cargo ukrainien contenant des blindés soviétiques et celle d’un super tanker saoudien rempli de brut ( tous les deux libérés début février après le versement des rançons).

L’Europe à la proue du combat.

 

L’Union Européenne a envoyé une mission conjointe Atalanta pour escorter et tenter de protéger le trafic maritime, première vraie mission militaire pour une Europe qui se cherche sur la scène internationale. Donc première mission coordonnée ensemble on assiste a la naissance de l’Europe militaire déjà imaginée a se création, avec un commandement tournant et des moyens fournis par plusieurs pays (Royaume-Uni, Allemagne, France, Grèce, Espagne, Portugal, Italie). Cependant la mission reste ardue face a la grandeur du théâtre d’opération et l’habilité des pirates à se déguiser en simple pêcheurs. Les différentes marines européennes avaient déjà collaborés dans le passé mais jamais aussi étroitement sous un commandement commun et tournant tout d’abord Hellénique puis Hispanique. Les intérêts sont évidents car seul les pays ayant une flotte commerciale et de pêche importantes se sont mêlés à l’opération, de plus les moyens semblent bien dérisoires face à la mission quelques avions de reconnaissance et seulement deux navires de guerre…

Mais l’intérêt géostratégique est triple pour l’Europe  tout d’abord une reconnaissance de son rôle comme gardien de la libre circulation des marchandises sans aucunes entraves, ensuite un intérêt plus egocentrique être vu et perçu comme non pas une puissance nationale mais une véritable force internationale tout comme est perçu l’OTAN. Enfin pour des questions étatiques; être sur place pour pouvoir protéger ses nationaux la protection de quelques unes des plus grandes flottes commerciales par exemple les grecques.

Les pays déjà à la barre.

 

Certaines puissances sont déjà  sur place notamment l’U.S navy  en mission contre le terrorisme international et qui voit les actes somaliens comme un danger pour son projet d’un grand Moyen Orient pacifié. En tant que grande puissance maritime les Etats-Unis se doivent de protéger le commerce international, mais pas seulement eux n’oublions pas la Russie qui y a aussi stationné une flottille de guerre pour lutter contre ce fléau; une sorte de sainte alliance où tous les Etats ont des intérêts à collaborer.

Les états côtiers ne sont pas en reste ils se sont ainsi mis dans une coalition de 10 dont le but officiel est la protection des navires passant près de leur côte en effet les pirates n’hésitent pas a s ’éloigner de beaucoup des côtes somaliennes      ( certains ont été arrêtés avec des pirates yéménites!). Il semblerait que le mouvement de mondialisation soit réellement global voyant même une main mise de la piraterie par le terrorisme international. L’Inde aussi est concerné voyant ce fléau proliférer menaçant de plus en plus ses propres navires ; la flotte indienne a ainsi coulé un bateau ravitailleur positionné dans les eaux internationales.

Pour ses pays l’intérêt d’une sécurisation de la zone est simple vu l’effort de développement économique de cette ère géographique, notamment avec la participation économique de la Chine et de l’Inde dans leur développement. Cependant d’autres pays plus éloignés participent aussi à cette opération comme par exemple la Malaisie mais il s’agit plus d’une mission de protection des équipages puisque la plupart des marins proviennent de l’Océanie.

 

La Chine et le Japon en poupe du combat.

Deux grandes puissances économiques sont aussi en intervention dans cette zone, il est à noter que la marine chinoise n’est jamais sortie de ses eaux territoriales depuis des siècles ( à cette époque il s’agissait encore de commerce et du prestige de l’empire du milieu bizarrement dans la même zone géographique) et la marine japonaise ne peut pas partir en mission de guerre considérant la Constitution «pacifique» japonaise.

Mais cette mission est bien évidemment une façade a la bataille géopolitique qu’oppose les deux grandes puissances asiatiques pour la suprématie maritime (en effet quelques velléités territoriales opposent le Japon et la Chine pour la limite de leurs eaux territoriales réciproques) dont le juge sera les Etats-Unis. D’un côté une Chine qui s’étend vers l’Ouest; le Pacifique étant la chasse gardé de la première puissance mondiale. Et de l’autre côté, le Japon lui se doit envers son allié de ne pas développer son armement et arsenal militaire. Cependant la piraterie arrive à point nommé pour départager les deux frères ennemis, qui envoient quasi simultanément des flottes au large du golfe d’Aden.

C’est un renouveau pour le Japon de retour sur la scène géopolitique maritime en tant que grande puissance, et l’éveil de la Chine qui y voit une occasion pour pouvoir coordonner ses efforts d’amélioration dans sa marine et ses manœuvres militaires.

En conclusion, nous voyons bien que la lutte contre la piraterie réunie bien les ardeurs des grandes puissances vu le danger qu’elle fait peser sur le commerce maritime, mais cette lutte est aussi le bon moyen pour de nombreux d’affirmer ou de commencer à s’affirmer en tant que puissance sur laquelle il faut compter.

Le problème majeur pour la Somalie est l’absence totale de pouvoir central fort et autorité étatique pouvant empêcher le phénomène de piraterie, il semblerait que cette dernière est chuté pendant la courte période de transition des Tribunaux Islamiques à Mogadiscio, mais d’autres sources affirment que ces actes de piraterie ont pour unique but le financement de groupes et partis islamistes voir terroristes selon le point de vue américain. Quand on interroge les pêcheurs somaliens ils deviennent pirates que parce des navires de pêche étrangers viennent piller leur ressources ce qui les forcent a devenir pirate…

La seule solution possible reste donc une solution politique, à terre entre les somaliens mais connaissant les différents échecs des tentatives de maintien de la paix et de lutte contre le terrorisme on voit mal des pays y envoyer des troupes au sol et ouvrir un second front après l’Afghanistan.

On imagine bien que lorsque le Conseil de Sécurité parle de mission à terre possible pour les poursuivants des pirates (ayant déjà accordé le droit de poursuite dans les eaux internationales) il ne s’agira que de missions ponctuelles très courtes dans le temps; donc sauvetage d’équipages récupération des navires etc.

Mais il faudra tôt ou tard pour la communauté internationale saisir le problème somalien a bras le corps car il faudra bientôt compter en décennies le manque d’Etat en Somalie.

 

Bekrentchir  Mohamed : Master Fonction Publique Internationale

Publié dans AFRIQUE

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